1- Présente-toi en quelques mots
Gilbert Legrand, illustrateur de profession mais aussi aujourd’hui sculpteur, « artiste » après beaucoup de péripéties, suite à une envie tardive de liberté… Je travaille aujourd’hui autour des objets, j’ai trouvé une plus grande liberté dans le volume que dans le dessin, l’image. J’aime ce jeu entre le travail de la main, l’objet et sa transformation.
2- Pourquoi cet intérêt pour les objets du quotidien ?
C’est sans doute lié à mon enfance et à mon attachement aux objets, j’ai d’ailleurs été un moment designer d’objets au début de ma carrière. Une passion tenace et donc de longue date… J’éprouve de manière générale un grand intérêt pour tout ce qui est utile et qui tient dans la main.
3-Comment t'es venue cette idée des objets détournés ?
C'est en fait au départ une commande directe d'un éditeur, les Editions de Milan à Toulouse. Cette demande m'a obligé à me pencher sur le sujet, à réfléchir et finalement à découvrir toutes les possibilités plastiques et cachées de ces petits objets. Comme une sorte de révélation !
4- Quels sont les objets que tu préfères ?
J'ai d'abord commencé à détourner des cintres puis je me suis assez vite attaché aux robinets. J'ai alors réalisé toute une série de « robinets qui fuient »... J'aime beaucoup la modestie de ces petits objets immuables et dont la forme est ancrée dans notre mémoire collective.
Leur forme « fermée », générique est comme une trace permanente.
Je travaille finalement peu sur des objets très modernes, je ne les trouve pas vraiment attendrissants. En revanche, j'ai détourné des portables, les touts premiers. Je leur trouvais une forme émouvante. Je ne suis quand même pas « réac », tu vois ! Je trouve que les objets modernes perdent leur forme simple, leur modestie au profit d'une esthétique et d'un design trop appuyés.
5- Existe-t-il un lien entre « l'ancien Gilbert » et le « Grand Gilbert » ?
Ma manière de travailler aujourd'hui est en quelque sorte un clin d'œil ironique à mon ancien métier. Avant je dessinais des emballages, aujourd'hui je les détourne, je rends l'enveloppe dérisoire... Je me sers d'emballages imprimés en milliers d'exemplaires et je les transforme en un objet unique !!!! J'aime bien cette dimension ironique, dérisoire. Cela me fait beaucoup sourire.
6- Pourquoi cet intérêt pour l'objet « unique »
J'aime l'objet unique ; le côté industriel qu'on peut parfois trouver dans l'art aujourd'hui me dérange. Même si je travaille sur des séries, je ne fais jamais deux fois le même objet.
Dans cette idée d'instant, d'objet unique, j'aime beaucoup le polaroïd qui fixe pour une seule prise un instant, je trouve cela très beau.
7- Comment te viennent tes idées ?
J'improvise chaque jour, je réfléchis, je cherche, j'attends qu'il se passe quelque chose dans ma tête, qu'il y ait un déclic.
J'avance souvent en improvisant, il n'y a pas de calculs. Mes décisions ne sont pas préméditées.Je suis quelqu'un de plutôt positif et je ne me prends pas la tête, je suis à la recherche de petits bonheurs simples.
L'association Contes à Rebours
L'association Lire et Faire Lire
L'association Rendez Vous Contes
L'association Présence Photo 42
Le Comité Roannais de Vacances
ELLIPPS
Le Cada